F. Encel recevant un Prix du Ministère français des Affaires étrangères

Par Meïr  Ben Hayoun

Souvent, dans les médias français, lesdits “spécialistes” de la réalité de notre région n’aident pas à la comprendre. Loin d’élucider les évènements que nous vivons et les expliciter, ils contribuent à la distortion de l’image de l’Etat d’Israel. Il y en a tellement qu’il faudrait un bottin téléphonique pour les répertorier. On s’attardera à ceux qui sont censés savoir de quoi ils parlent.

 

Si on les écoute, les Israéliens abhorrent leur Gouvernement. On ne comprend pas alors comment ce Gouvernement “d’extrême droite et suprémaciste” a été élu démocratiquement. Même quand ces experts affirment qu’Israel est une démocratie, au final, ce qui ressort de leurs remarques est que le régime israélien la bafoue et en est des plus obscures. Et ils assènent cela sans fournir le moindre argument. Ces “spécialistes” sautent allègrement d’un plateau TV à l’autre. Dans les médias juifs aussi, notamment à Radio RCJ, Radio J, un peu moins sur Radio Shalom, mais surtout sur Akadem, ils y sont les bienvenus. D’après eux, le Premier ministre Netanyahou serait la personnalité la plus honnie par les Israéliens et afin de se maintenir au pouvoir, il multiplie les offensives militaires.

Par exemple: Frédéric Encel. Dans sa dernière interview sur BFM, (à partir de 15 mn) Encel raconte à Appoline de Malesherbes buvant littéralement ses paroles, je cite : “[…] toutes les enquêtes d’opinion indiquent que la “coalition ultranationaliste” actuellement au pouvoir depuis presque quatre ans ne sera pas reconduite“. Et Encel de conclure que pour se maintenir au pouvoir : “Il lui [Netanyahou] faut une victoire militaire“.

Encore là, Encel s’est beaucoup assagi. Au début de l’année 2023, il affirmait sur le site du CRIF qu’Israel est une “voyoucratie”.

 D’ailleurs, au début de la Guerre dans la Bande de Gaza, Encel assurait doctement ses interlocuteurs que le Gouvernement Netanyahou ne tiendrait pas longtemps.

Lors d’un débat sur BFM le 15 octobre 2023, avec Encel intervenaient Charles Enderlin, Raphael Enthoven et un certain Emile Ackerman disparu depuis de l’horizon médiatique. Encel affirmait alors que le Gouvernement israélien était “extrémiste et incompétent“, tout juste huit jours après les horreurs innommables du 07/10. Deux ans et demi après, on peut prendre la mesure de la justesse de sa “prévision”. Et dans ce même débat, il enchainait à l’endroit du responsable du mythe de l’antisémitisme moderne, l’Affaire A Dura : “Mais Charles Enderlin connait cela bien mieux que moi….

Lors de ses nombreuses apparitions médiatiques, on remarquera l’attitude d’Encel à l’égard d’autres intervenants, comme dans ce débat de septembre 2024 sur France-Inter. Il y prend ainsi la parole: “Et je rejoins absolument Vincent lorsqu’il dit que l’immense majorité de la population civile à Gaza est innocente, d’ailleurs non pas l’immense majorité, mais la totalité…..” Le Vincent qu’Encel rejoint ici servilement, c’est Vincent Lemire, le “grand “ami” d’Israel comme chacun sait. Cela va de pair en outre avec le seul objet de réprobation et de colère d’Encel : l’obsession contre le Gouvernement d’Israel de façon générale et contre la personne du Premier ministre en particulier.

Selon Encel donc, Netanyahou a besoin d’une victoire pour se faire réélire. Par conséquent, Encel affirme implicitement que son gouvernement fait la guerre sur plusieurs fronts, non pas pour sortir l’Etat juif de l’étau djihadiste, ni pour échapper aux projets exterminateurs de la République nazislamiste d’Iran, mais pour remporter les élections dans quelques mois. Les antisémites pathologiques comme les Rima Hassan & Co n’ont pas besoin d’en rajouter beaucoup plus pour diaboliser l’Etat juif. Israel met le Moyen-Orient à feu et à sang pour que ses dirigeants haïs par leur propre peuple puissent être réélus. Que ne ferait pas F. Encel pour entretenir son statut de “spécialiste du Moyen-Orient” dans les médias qui ont la boulimie de tels propos?!

Et pourtant récemment le Centre Begin à Jérusalem, du nom du défunt premier Premier ministre de droite en Israel, a invité Encel à y donner une conférence en zoom le 16 mars dernier. A Yoel Haddad, le directeur des programmes francophones au Centre Begin, j’ai fait remarquer les multiples interventions d’Encel dans les médias. Yoel m’a répondu : “oui, mais j’apprécie ses analyses géopolitiques”.

En effet brillantes “analyses”, en joignant sa voix au concert minant systématiquement la respectabilité du Gouvernement israélien au moment de la guerre la plus longue de l’Histoire d’Israel et du plus vaste tsunami antisémite qui l’accompagne.

Après tout cela, un régime s’Encel s’impose.