Par Meïr  Ben Hayoun

Le professeur Dominique Moïsi est un de ces “spécialistes” qui pullulent dans les médias français pour commenter la réalité au Moyen-Orient. Il est présenté comme un oracle prodiguant ses observations savantes depuis TV5 en passant par France Inter, BFM Figaro TV etc.

Né en 1946, Moïsi est un géo-politologue comme Frédéric Encel, spécialiste des relations internationales. Conseiller spécial à l’Institut Montaigne, cofondateur de l’IFRI, il est reconnu pour ses travaux sur la « géopolitique des émotions ». Il a enseigné à l’ENA, à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et à Harvard et également a été professeur en visite à l’Université hébraïque de Jérusalem.

La question qui nous assaille, comment un expert avec un tel CV peut sortir-il des futilités suintant le mépris et l’obsession à l’encontre d’élus israéliens alors qu’Israël est engagé dans une guerre implacable et la plus longue de son histoire ?

L’image globale échappe totalement à D. Moïsi alors qu’en principe, ès qualité il devrait être l’une des personnes les mieux placées pour appréhender l’envergure de ce qui se passe et qui est inouï.

Le Premier ministre de l’Etat juif, Binyamin Netanyahou, et son Gouvernement ont lancé une offensive sur plusieurs fronts pour défaire l’étau djihadiste, depuis les tentacules jusqu’à la tête de la pieuvre en Iran. Cela redéfinit les rapports des forces au Moyen-Orient et consécutivement dans le monde entier.

Le Chef d’Etat-major israélien Eyal Zamir et l’Admiral Brad Cooper, Chef du Centcom (commandement des forces US au Moyen-Orient)

Cela place Israël et les Etats-Unis comme les deux seules puissances en mesure d’endiguer le nazislamisme qui est le fléau planétaire numéro un, comme l’ont été en leurs temps le nazisme ou le stalinisme.

C’est une transition à une autre ère de l’Histoire humaine que toute personne éprise de valeurs de justice, de démocratie et de dignité humaine ne peut que s’en féliciter, et beaucoup plus que lors de la chute du mur de Berlin en 1989.

Tirs du Hezbollah sur Israel

Et c’est le peuple juif a travers son Etat, L’Etat d’Israël, reconstitué après 1900 ans d’exil, qui en est à l’initiative cette fois-ci comme acteur principal, l’arme à la main, et non plus comme victime paroxystique il y a 80 ans de cela.

Sauver le peuple d’Israël d’une shoah nucléaire qui nous pendait au nez. Anéantir un dispositif de centaines de milliers de missiles balistiques iraniens, syriens et du hezbollah, du hamas, des houthis et des milices en Iraq. Rien que pour appréhender le traquenard dans lequel Israël était sur le point de tomber, avant le 07/10, l’arsenal balistique du hezbollah à lui seul s’élevait à plus de 100 000 missiles qui étaient censés nous tomber sur la tête.

Missiles iraniens

Neutraliser tout ça ? Certes cela n’est pas encore fini. Outre les capacités et la ténacité militaires exceptionnelles du peuple juif, cela nécessite le savoir-faire politique dans un contexte diplomatique de veulerie, de lâcheté et de flambée antisémite quasi planétaire. Cela demande détermination, le sens du stratagème et de l’astuce, et surtout le courage juif en phase avec les moments les plus forts de notre histoire qui sont les fondements de la civilisation humaine toute entière : la Sortie d’Egypte, les Juges, les Prophètes, le Roi David, les Hasmonéens dans leurs guerres contre les Grecs. Dans ce moment historique plus que critique, c’est ce dont s’est montré digne le Gouvernement israélien actuel avec à sa tête Monsieur Binyamin Netanyahou universellement voué aux gémonies. Ceci alors que l’Humanité toute entière devrait le remercier bien bas !!!!! Et cela a totalement échappé du radar de notre “éminent géo-politologue”.

Que déplore Dominique Moïsi dont le sismographe devrait normalement capter ces changements tectoniques, devrait lui faire authentifier ce qui était inespéré encore récemment, à savoir l’estocade au djihad global ? Moïsi, de surcroit un Juif dont la famille a été déportée, devrait y être sensible. Or, il n’a rien trouvé de mieux à dire que Netanyahou aurait “tué le souvenir de la Shoah dans l’imaginaire mondial“. C’est cela qui l’afflige ?!

Outre la pédanterie de cette formule creuse, on a envie d’en rire quand une véritable shoah bien concrète et non dans “l’imaginaire” se concoctait à Téhéran.

Sur le plus philosémite et plus grand ami d’Israel à la Maison Blanche de l’Histoire des Etats-Unis, Moïsi a également des diagnostice fantaisistes : “Donald Trump est incroyablement limité intellectuellement et culturellement.” Suivant l’annonce du cessez-le-feu, le coup de Trafalgar des Etats-Unis dans le Détroit d’Ormouz asphyxiant l’économie des gardiens de la révolution, Moïsi n’y aperçoit strictement rien.

A part, bien arranger sa cravate et son complet veston sur les plateaux TV, que fait donc Dominique Moïsi de façon constante et pathétique depuis le 07/10 ?

Miner la crédibilité du dirigeant israélien et du dirigeant américain qui ont le courage de se lancer là-dedans. Comme la dernière des commères, Moïsi nous fait de la psychologie de bazar sur ces deux grands hommes dont on ne mesure pas encore l’amplitude de leur contribution à l’Humanité.

Quelle atrophie de l’âme, du cerveau et du cœur !